Image corporelle et rapport au corps

Et si on vous demandait de décrire en quelques mots la relation que vous entretenez avec votre corps… Que vous viendrait-il à l’esprit en premier? Grande question, n’est-ce pas! Vous êtes-vous déjà arrêté à réfléchir sur la façon dont vous vous percevez?

Au cours de la vie, le corps se transforme. On peut penser à la puberté, mais également à la grossesse, la ménopause, andropause etc. Pour certaines personnes, les préoccupations et les insatisfactions sont passagères, nécessitant une certaine période d’adaptation. Pour d’autres, elles prennent davantage de place, jusqu’à en devenir obsédantes. En plus des impacts possibles sur la santé, le surinvestissement quant à l’image corporelle et la recherche du corps « parfait » peuvent avoir des impacts importants sur le bien-être psychologique des individus. En effet, le corps est un espace dans lequel on peut percevoir, sentir et ressentir tant dans la relation à soi que dans les relations aux autres.

Certains auteurs soulignent même que le corps est comme un miroir nous reflétant l’image de ce qui se passe pour nous, sans jugement (Rosenberg, 1999). John Kabat-Zinn, l’un des auteurs ayant popularisé la méditation et la pleine-conscience à des fins thérapeutiques, soutient également que la perception qu’un individu a de son corps influence les sentiments qu’il s’autorise à expérimenter.

En ce sens, les difficultés interpersonnelles et intimes peuvent être liées à la façon de se sentir dans son corps, étant donné l’étroite relation entre les sensations corporelles et les émotions. La façon de vivre sa féminité ou sa masculinité, en regard des « exigences  sociales », des rôles de genre* et des stéréotypes de genre y étant associés peuvent également être au centre de certaines difficultés.

Que vous ayez des préoccupations quant au poids, à l’image corporelle, à la possibilité de souffrir d’un trouble du comportement alimentaire, ou encore, vouliez travailler à être plus confortables avec vous-mêmes, une démarche en sexothérapie pourrait s’avérer utile. Dans le cadre de mon travail, j’ai le plaisir et le privilège d’accompagner des individus qui souhaitent cultiver un peu plus de douceur envers eux-mêmes et amorcer la route sur le chemin sinueux menant à l’acceptation de soi, parce qu’il est possible d’être heureuse ou heureux et bien dans sa peau sans être l’incarnation parfaite des modèles de beauté!

Quelques statistiques

Il semblerait que les préoccupations quant à l’apparence physique puissent débuter aussi tôt qu’à l’âge de 5 ans, notamment chez les jeunes filles. En effet, selon les statistiques fournies par ANEB Québec, il semblerait qu’environ 60% des adolescent.e.s de 14 à 18 ans soient insatisfait.e.s de leur image corporelle. Il semble pertinent de mentionner que les facteurs influençant l’image corporelle et la relation au corps sont multiples :

  • Changements pubertaires modifiant le corps;
  • Standards de beauté véhiculés dans le réseau social et familial;
  • Représentations sociales du corps parfait, du modèle de « santé »;
  • Sous-représentation de la diversité corporelle;
  • Etc.

Vanessa Forgues, Sexologue M.A. & psychothérapeute
infosexologie@gmail.com

Rôle de genre *: Caractéristiques dans la personnalité, l’apparence et le comportement qui dans une culture donnée à un moment historique donné sont désignées comme masculines ou féminines (ce qui est plus typique d’un rôle social masculin ou féminin) (Ruble, Martin, & Berenbaum, 2006)

Complexes relatifs aux organes génitaux

Pour un homme, parler et blaguer à propos de son pénis semble assez fréquent, bien que les préoccupations quant à la taille et l’apparence du pénis soient plutôt répandues. Mais qu’en est-il de la vulve? Vous avez déjà entendu une femme parler de son rapport à sa vulve? Plus rare, n’est-ce pas!…

L’industrie de la chirurgie esthétique est une industrie très lucrative. Il n’en va pas autrement pour ce qui est de la chirurgie génitale, qui est d’ailleurs en augmentation constante depuis quelques décennies (Lowenstein et al., 2013). Il semblerait d’ailleurs qu’une forte majorité de femmes ayant recours aux chirurgies génitales ne présentent pas d’anomalies génitales ni d’indication médicale relative à une chirurgie (Barbara et al., 2015). La chirurgie génitale aurait donc une visée majoritairement esthétique.

Lire la suite

Contraception et prise de poids: Mythe ou réalité?

La prise de poids est un effet secondaire fréquemment rapporté par les femmes utilisant des méthodes contraceptives hormonales. Mais que disent réellement les études scientifiques à ce sujet? La prise de poids est-elle réelle et si oui, est-elle attribuable à la contraception?

L’équipe de Vickery et al. (2012) a suivi l’évolution du poids de plus de 400 femmes utilisant différentes méthodes contraceptives contenant de la progestérone. La prise de poids fut évaluée sur un an. Les femmes utilisant le stérilet hormonal présentaient une prise de poids de 1 kg, celles utilisant l’injection contraceptive, 2,2kg et celles utilisant le stérilet de cuivre (sans hormone), 0,2 kg. Ainsi, il est possible de constater que la prise de poids demeure limitée et n’est possiblement pas directement causée par la contraception. De plus, les chiffres ne démontrent pas de différences notables entre les méthodes contraceptives comparées.

Lire la suite